Portage salarial : combien allez-vous vraiment toucher ?

« Combien vais-je réellement percevoir ? » C’est la question que pose tout indépendant avant de choisir son statut. En portage salarial, la réponse dépend de plusieurs paramètres qui s’emboîtent, du taux journalier moyen au net en main après impôt. Faire une simulation avant de se lancer n’est pas une formalité, c’est un passage obligé pour décider en connaissance de cause.

Du TJM au net en main : une mécanique en sept étapes

Le principe de base tient en une règle approximative : le net avant impôt sur le revenu représente environ 50 % du chiffre d’affaires HT mensuel. Concrètement, avec un TJM de 600 € sur 18 jours facturés (la moyenne réelle constatée est de 17 à 18 jours par mois, et non 22 jours ouvrés théoriques), on obtient 10 800 € de CA. Le net avant IR s’établit autour de 5 400 €, soit environ 4 320 € après impôt à une tranche marginale de 30 %.

Pour arriver à ce chiffre, le calcul suit sept étapes précises : déduction des frais de gestion de l’entreprise de portage (entre 5 et 12 % du CA HT), puis des frais professionnels réels, puis des charges patronales (25 à 32 %), ce qui donne le brut salarial. On en soustrait ensuite les charges salariales (environ 22 %), puis l’IR selon la tranche. Utiliser une simulation portage salarial structurée en ces sept lignes permet d’obtenir une estimation fiable plutôt qu’un chiffre optimiste.

Le cadre légal est posé depuis l’ordonnance de 2015 (articles L.1254-1 à L.1254-31 du Code du travail). Le TJM minimum légal est fixé à 250 €/j HT par la convention collective IDCC 3219, mais le seuil de viabilité économique réelle se situe plutôt autour de 400 €/j. Le PMSS mensuel s’établit à 4 005 € en 2026 selon l’URSSAF, ce qui influe directement sur le calcul des cotisations.

Pourquoi tant de simulations affichent-elles un net trop élevé ?

Trois biais récurrents gonflent artificiellement les résultats. Premier écueil : le taux de gestion affiché par certaines entreprises de portage est un taux d’appel à 5 %, alors que le contrat sera signé à 8 ou 9 %. Sur un CA de 10 800 €, l’écart représente plus de 430 € par mois. Deuxième piège : simuler sur 22 jours ouvrés au lieu des 17 à 18 jours effectivement facturés en moyenne, ce qui surestime le CA de 20 à 25 %. Troisième problème : afficher le net imposable sans préciser qu’il reste à déduire l’IR. À TMI 30 %, cela peut représenter 900 à 1 100 € de moins par mois.

Un bon simulateur décompose chaque ligne jusqu’au net en main. Si l’impôt sur le revenu n’y figure pas, le résultat est probablement optimiste.

Au-delà du calcul, le portage offre des avantages concrets : bulletin de paie sans création de société, cotisation à l’assurance chômage (avec possibilité d’ouvrir des droits à l’ARE en fin de mission), trimestres au régime général et points AGIRC-ARRCO, accès facilité au crédit immobilier grâce aux fiches de paie, et déduction des frais professionnels jusqu’à 30 % du brut. Des avantages que ne propose pas la micro-entreprise, dont le plafond est fixé à 83 600 € HT par an et qui n’ouvre aucun droit au chômage.

Le marché confirme l’attractivité du dispositif : selon le rapport de branche PEPS 2025 (données 2022), on compte 43 127 salariés portés en France, avec 518 entreprises de portage actives, contre 225 en 2015. La part des CDI en portage est passée de 35 % à 67 % en sept ans. Ces chiffres traduisent une professionnalisation réelle du secteur, bien au-delà du simple statut de transition. 

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