Le portage salarial attire de plus en plus de consultants et cadres en quête d’indépendance sans renoncer à une protection sociale solide. Mais une question revient systématiquement : que se passe-t-il concrètement en cas d’arrêt maladie ? Le régime est protecteur, à condition d’en comprendre les mécanismes, les plafonds et les démarches.
Une couverture sociale proche du salariat classique
En portage salarial, le consultant est rattaché au régime général de la Sécurité sociale. Contrairement au micro-entrepreneur qui cotise moins et bénéficie d’une couverture réduite, le salarié porté accède aux mêmes droits qu’un salarié en entreprise : remboursements maladie, indemnités journalières, retraite de base et complémentaire, prévoyance, et même droit au chômage (ARE) à la fin d’une mission.
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Pour percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) lors d’un arrêt, deux conditions s’appliquent au moment de l’arrêt : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 90 derniers jours, ou avoir cotisé sur les 6 derniers mois sur un revenu équivalent à 1,015 fois le SMIC horaire. Le délai de carence reste fixé à trois jours non indemnisés par la Sécurité sociale, même si la prévoyance collective peut le compenser partiellement.
En cas d’arrêt, les démarches sont claires : dans les 48 heures, il faut envoyer les volets 1 et 2 de l’avis d’arrêt à la CPAM, et le volet 3 à la société de portage, qui transmet ensuite l’attestation de salaire à la Sécurité sociale.
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Le plafond des IJ : un point souvent sous-estimé
C’est là que le calcul peut surprendre. Depuis le 1er avril 2025, un décret a abaissé le plafond des IJSS de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit un maximum de 41,95 euros par jour en 2026. Concrètement, dès qu’un consultant perçoit plus de 2 522 euros brut mensuel, le plafond s’applique quelle que soit sa rémunération réelle. Un salaire de 3 400 euros brut ne génère donc pas plus d’indemnités qu’un salaire de 2 523 euros.
Pour un consultant avec un taux journalier standard de 400 à 700 euros, l’écart entre le revenu habituel et les IJ perçues peut être très significatif. Avant d’être confronté à cette situation, une simulation portage salarial permet de croiser son TJM, son activité réelle et les règles de calcul en vigueur pour estimer précisément ce que l’on toucherait.
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Prévoyance et anticipation : les deux réflexes à adopter
Face à un plafond légal qui ne couvre qu’une fraction du revenu habituel d’un consultant, la prévoyance complémentaire devient un filet de sécurité indispensable. Pourtant, selon le Rapport de branche 2025, 60 % des entreprises de portage n’avaient pas encore mis en place de dispositif d’épargne salariale en 2024. Avant de choisir une société de portage, il vaut donc la peine de vérifier le niveau de couverture prévoyance proposé, son délai de franchise et la durée maximale d’indemnisation.
À noter que les indemnités journalières sont soumises à la CSG et à la CRDS, ce qui réduit légèrement le montant net perçu. L’accident du travail, lui, offre une prise en charge différente : remboursement à 100 % des soins et indemnités majorées, à condition que l’accident survienne pendant la mission ou un trajet professionnel. Dans ce cas, c’est la société de portage qui effectue la déclaration à la CPAM.
Le portage salarial protège bien, mais pas automatiquement au niveau du revenu habituel d’un consultant actif. Simuler ses droits à l’avance, choisir une société avec une prévoyance solide : deux réflexes qui font toute la différence le jour où ils deviennent nécessaires.

